Joseph Cornudet, Pair de France

15/11/2024
Caveau de la famille Cornudet des Chomettes - Chapelle de la Visitation à Crocq

JOSEPH CORNUDET DES CHOMETTES

Parmi les vieilles familles qui, sur le plan politique, ont joué un rôle prépondérant, il convient de citer la famille Cornudet des Chomettes, en la personne du Comte Joseph Cornudet des Chomettes, pair de France, né à Crocq le 15 septembre 1755.

La volonté de ses parents et sa propre vocation le destinaient aux emplois de la magistrature. De hautes études et la pratique du barreau le préparèrent à en remplir les devoirs. Après avoir été reçu avocat au Parlement de Paris, il voulut se fixer dans sa province.

Il venait d’être pourvu de l’office de lieutenant au bailliage de Montaigut, au moment même où la Révolution éclata. Elle ouvrait à Cornudet une nouvelle carrière. Procureur-syndic du district de Felletin en 1790, il fut, l’année suivante, un des députés du département de la Creuse à l’Assemblée législative. Il continua de siéger dans les conseils du pays, jusqu’à la fin de sa vie, excepté dans les années 1793 et 1815.

Cornudet soutint à l’Assemblée législative la cause de la Monarchie constitutionnelle et vota l’absolution de La Fayette, entre le 20 juin et le 10 août.

Rendu à ses foyers par suite de la catastrophe de cette période, il entra, en l’An IV, au Conseil des Anciens où ses constants efforts tendirent à purger les lois de cette époque de tout ce que la violence des partis y avait laissé ou voulait y introduire. Après le 18 Fructidor, des mesures réactionnaires et des proscriptions furent annoncées. On voulait chasser du territoire français tous les anciens nobles. Cornudet combattit de telles mesures à la tribune et contribua puissamment à leur rejet. 

Les discussions sur les sujets des finances, de domaine, d’hypothèque, de droit civil, sur tout ce qui pourrait s’appeler la partie studieuse de la législation, s’éclairèrent souvent de ses opinions.

Lors du 18 Brumaire, il fut membre des Conseils où il siège avec les modérés. Appelé un des premiers au Sénat, Cornudet y fut secrétaire, membre des commissions, titulaire de la sénatorerie de Rennes et il devint grand officier de la Légion d’honneur.

Commissaire extraordinaire de l’Empereur à Bordeaux en 1814, il essaya, de concert avec le Maréchal Soult, de défendre contre l’invasion étrangère, le Midi de la France et n’abandonna Bordeaux qu’avec l’armée. Quelques jours après la restauration était accomplie et les anciens sénateurs étaient rappelés au Luxembourg comme pairs de France.

Pendant, les Cent-Jours, Cornudet reçu le même titre qu’il perdit après la bataille de Waterloo, mais qu’il recouvra le 5 mars 1819. Il repoussa, dans la chambre où il siégeait, les lois contre la presse, celle du double vote, du droit d’aînesse, du sacrilège. En même temps, il appuya le Maréchal Macdonald proposant l’indemnité à accorder aux émigrés.

Cornudet fut l’adversaire du ministère sous lequel parurent les ordonnances de 1830. Après avoir travaillé à l’affermissement de la révolution de juillet, il leur à Paris, le 13 septembre 1834.

Comme plusieurs de ses descendants, il a été inhumé dans le caveau de la chapelle de Notre-Dame de la Visitation à Crocq.

Le château moderne du XVIIIème siècle, au centre de la commune de Crocq, est l’ancienne propriété des descendants des Cornudet des Chomettes. 

Ce château appartient aujourd’hui à des particuliers.

(Texte de Joseph Rivet)

Les ordonnances de 1830 :

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